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mardi 24 septembre 2013

...victime de mon propre corps...

Tu la sens venir celle-là ou pas ? Celle où je vais essayer de te faire croire que c'est en fait pour mon bien que je ne suis pas foutue de tenir mes bonnes résolutions plus de 37 secondes ? Parce que si tu ne l'as pas sentie en lisant le titre de cet article, tu ne me connais pas assez bien, tiens le toi pour dit.

Contexte.
Dimanche matin, tôt. J'affronte mon ennemie jurée de tous les temps : cette saloperie de balance qui trône dans ma salle de bain. D'ailleurs si tu veux tout savoir y a même DEUX balances dans cette pièce, des fois qu'une seule ne soit pas suffisante. Ça fait 3 semaines que je les boude toutes les deux, que je les ignore superbement, que je les méprise même, à coup de "tiens z'êtes encore là vous ? pas trouvé quelqu'un d'autre à embêter ? pas encore en grève pour cause de chômage technique longue durée ?" que mon cerveau leur envoie silencieusement dès lors que mon nerf optique lui transmet l'info que l'une ou l'autre est dans mon champ de vision. 3 semaines que je retarde l'échéance, que j'avale mon premier café avant même d'être vraiment debout, histoire de pouvoir dire fièrement "mince (gloups !) alors, je ne peux pas me peser, je n'ai plus l'estomac vide ! quel dommaaaaaage ! demain peut-être ?". 3 semaines de pur bonheur je dois te l'avouer, mais quand même, 3 semaines de déni quoi. Faut pas se mentir non plus. Donc dimanche, forte d'un pressentiment un peu bizarroïde, qui m'invite à croire que c'est maintenant ou jamais, je me lève, je vide ma vessie, je me retiens de me remplir l'estomac, je me déshabille évidemment (un pyjama ça pèse tellement lourd que ça fausse, sache le), et j'y vais. Les yeux fermés, la bouche grimaçante, d'abord un pied, puis l'autre, genre comme dans la pub de Zidane à une époque. Je baisse la tête, j'entrouvre un œil, puis l'autre, puis, par un étrange lien invisible entre ma rétine et le reste de mon visage, ma mâchoire se desserre, ma bouche se déforme en une moue dépitée, ma gorge étouffe un cri. Catastrophe. Pire que ce que je pensais.

Je replonge aussitôt dans le déni. Un café, puis deux. Une clope, puis quatre. Je me souviens vaguement m'être dit hier soir que ce serait bien d'aller courir aujourd'hui, mais à quoi bon hein ? Au point où j'en suis... J'en suis là de ma phase d'auto-martyrisation quand la petite tête de mon chien me sort de ma torpeur : oups, j'ai oublié de l'emmener faire pipi (c'est une princesse mon chien il fait juste pipi sache le). Je m'habille rapidement et je le sors. Dehors, il fait beau, pas trop chaud, pas trop frais. Un temps idéal pour aller courir, me surprends-je à penser. Je chasse vite l'idée.

Je remonte et, dans l'ascenseur qui m'amène au 5ème, une étrange idée, encore... : et si je me mettais en tenue de sport, que j'allais un peu tâter l'air, dégourdir un peu mes gambettes, et voir ce qui se passe ? Aucune autre obligation que celle de rester disons allez... 15 minutes dehors. A marcher si le reste paraît trop. Faisable, non ?

5 minutes après, en tenue, avec du bon son dans les oreilles et une merveilleuse nouvelle application sur mon Note, poussée par une motivation inattendue, je quitte l'immeuble en trottinant. Et je trottine comme ça 20 minutes. Pas vite, c'est clair. Dans un état pathétique les 5 dernières minutes, c'est évident. Mais ça y est, j'ai recommencé. La joie me transporte, je remonte les 5 étages au pas de course, j'arrive en sueur à la maison et les yeux pleins de fierté de mon amoureux quand il me voit entrer dans l'appartement me donnent un second souffle. Je suis fière à mon tour et le monde entier l'apprendra en moins de 15 secondes : Facebook, Twitter, IG, l'info est disponible partout.

Et depuis ? Et depuis... Depuis, je marche comme une mamie. Mes deux cuisses sont des poteaux de 50 kilos chacun et je peine à les soulever pour avancer. Pire pour monter des marches. Encore pire pour en descendre. Mes mollets sont contractés depuis plus de 48 heures. Non stop. Mes fesses ne supportent que difficilement la position assise, ce qui est un chouïa embêtant.
Pire encore. Hier, d'atroces douleurs à l'estomac. Un truc comme j'avais jamais ressenti avant. Je me dis que je vais finalement découvrir ce qu'est une gastro, après en avoir fort entendu parler sans jamais vivre l'expérience à titre personnel. Bizarrement, ça ne m'aurait pas dérangée de rester dans l'ignorance. 
Mais là, je discute coup sur coup avec deux copines capistes (ouais ouais quand on court une fois par an on peut s'auto-proclamer capiste y a pas de problème personne n'a posé de copyright encore) qui me confient qu'elles aussi ont extrêmement mal au bide après avoir couru, à la limite du supportable. Une requête Google plus tard ("maux+de+ventre+et+jogging") j'ai appris que, très probablement, la douleur vient de ma sangle abdominale qui n'est pas assez musclée. Du coup, intestins qui bougent dans tous les sens, du coup, douleurs.

Je crois vraiment que mon corps refuse que je fasse du sport.
Tu vois, moi j'ai essayé, mais lui il ne veut pas.
Et comme j'ai encore un peu besoin de lui, je me dois de le bichonner, de l'écouter, de lui obéir quoi.
Je vais donc faire une pause hein.
Ne me juge pas.*


(*remercie moi plutôt de te fournir une si bonne excuse la prochaine fois que tu auras la flemme d'aller faire du sport -- j'accepte les chèques aussi, merci)

© Isa - septembre 2013

dimanche 25 août 2013

...une professionnelle de la lubie éphémère...

Je multiplie les lubies.
Qui ne durent jamais bien longtemps.
C'est du grand n'importe quoi.

Les dernières en date :

J'en ai marre de mon boulot. Alors régulièrement je me lance dans de nouveaux projets pour m'en échapper. Début 2013 je crois avoir une révélation : j'aime les faux ongles, le nail art toussa toussa et je me dis que c'est un projet de reconversion absolument parfait. Exit le fait que je ne pense pas pouvoir exercer un métier autre qu' "intellectuel" (attention y a pas de dénigrement là-dedans, juste un constat perso), exit également le fait que je ne sois pas du tout -- non ça mérite des majuscules pardon -- DU TOUT manuelle, exit ma formation en management et mes années d'expérience dans le monde de l'assistance. J'envoie valser tout ça et ni une, ni deux, je me projette en prothésiste ongulaire. Je me rencarde sur les formations qui existent, décide d'aller en parler dès que possible au service formation de ma boîte pour me faire financer le stage en DIF. J'en viens même à investir dans le matos de base.


Évidemment je suis la plus heureuse du monde à la réception du kit. Des kits même (parce que moi j'en prends deux, je suis comme ça, je ne fais pas dans la demie-mesure hein).
J'ai joué 3-4 fois avec. Et encore, je n'ai pas tout utilisé. Tu l'auras compris, le fantasme n'aura pas survécu au passage à la pratique.
Tous les instruments/ pots/ pinceaux prennent la poussière dans un placard de la salle de bain que je n'ouvre plus depuis plusieurs mois. Par honte/regret/flemme (ne cherche pas à rayer la mention inutile, il n'y en a pas).
Coût de l'opération : une bonne centaine d'euros. Perdus. Et je suis rédactrice-gestionnaire. Encore.

Je suis une régimeuse. Éternelle, inconditionnelle, perpétuelle. Ça fera même l'objet d'un billet doux à venir ici. Régulièrement je teste de nouvelles façons de maigrir & je le fais savoir. Au mois de mai j'ai décidé de me mettre au sport et je commence alors à courir. Bien sûr comme je suis du genre à donner dans la frénésie, je n'y vais pas de main morte : je commence par un programme d'entraînement pour débutant et j'y vais tous les deux jours, en augmentant à chaque fois l'effort fourni. Evidemment dès la troisième séance j'ai l'impression d'avoir enfin trouvé la grande passion de ma vie. Alors je me trouve sous-équipée. Donc j'investis.


J'achète d'abord une tenue complète, allant du coupe-vent aux baskets en passant par les sous-vêtements "sport". Puis une montre que je choisis pour ces innombrables capacités. Je me la raconte, je poste des photos et des statuts dégoulinants de fierté sur mon mur Facebook. J'augmente le nombre de kilomètres courus et la vitesse, doucement mais sûrement. Je suis tellement emballée que je décide même de m'inscrire à une course, la première d'une longue lignée j'en suis certaine, qui aura lieu en septembre. J'engraine mes collègues à s'inscrire avec moi à base de "tu sais les frais d'inscription sont pris en charge par la boîte" / "oh 6 kilomètres c'est les doigts dans le pif avec un peu d'entraînement' / "tu vas quand même pas me laisser faire ça toute seule !" qui finissent par payer car deux d'entre elles se dévouent pour participer à la course.
A l'heure qu'il est, laisse moi te dire que :
  • je n'ai pas couru depuis fin mai
  • je n'ai pas finalisé mon inscription à la course (mes collègues si)
  • vu que j'ai repris 3 kilos je ne dois plus rentrer dans ma tenue -- de toute façon je ne sais même pas où elle est
  • ma montre a disparu dans les limbes du foutoir qu'il y a sur l'étagère de mon salon
Coût de l'opération : 150 euros au bas mot. Deux copines en moins. Et trois kilos en plus.

Je pourrais t'en citer plein, des exemples comme ces deux-là. Mais pour le bien-être de mon estime de moi souvent malmenée, je vais m'arrêter pour aujourd'hui & te souhaiter un bon dimanche !

© Isa - août 2013