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dimanche 8 septembre 2013

...cuisinière du dimanche... [Beignets Banane]

Comme tu le sais certainement, je me mets au régime à peu près toutes les semaines. A chaque nouvelle tentative, je demande à mon amoureux de me ramener des fruits quand il va faire des courses. Bien souvent (je n'ai pas envie de perdre la face en avouant que c'est même tout le temps), mon essai échoue et je laisse mûrir mes fruits un peu trop longtemps avant de penser à les ingérer (oui je fais partie de ces gens bizarres qui ne mangent des fruits QUE lorsqu'ils font attention à leur ligne)(donc JAMAIS en ce qui me concerne en fait).
Il y a une bonne semaine, Chéri est rentré des courses avec 2 sachets de 4 bananes. Ce doux rêveur pensait qu'un seul sachet ne me suffirait pas... Laisse moi donc te dire qu'aujourd'hui, soit 8 jours plus tard, j'avais dans ma coupe à fruits 8 bananes très très très mûres (que si tu les laisses mûrir encore elles deviennent noires quoi). Pour ne pas avoir à les jeter, je me suis lancée dans la confection d'un dessert/goûter très consommé à La Réunion, que je n'avais pas mangé depuis bien longtemps et que je n'avais jamais confectionné de mes petites mimines : les beignets à la banane, que nous Créoles appelons juste "beignets banane".
Le résultat étant très satisfaisant (selon mon estomac qui en a consommé une quinzaine il y a 10 minutes mais aussi selon Chéri qui m'a fort complimentée), je me suis dit que j'allais te faire profiter de ma petite recette hyper simple à réaliser.

Voici donc le déroulé, illustré par un petit photo-montage en bas de page.

  • Image 1 - Préparation de la pâte/ Ingrédients :
    • des bananes
    • du sucre (rouuuuuuuuuuuux pitiééééé)
    • de la farine
    • du rhum
    • du sucre vanillé ou - mieux encore - 1 gousse de vanille
      • les proportions varient en fonction du nombre de bananes et de leur maturité (plus elles sont mûres, plus elles sont sucrées, donc moins il faudra ajouter de sucre)
      • pour 8 bananes j'ai utilisé 8 cuillères à soupe bombées de farine, 4 c.à.s. bombées de sucre, 2 sachets de sucre vanillé
      • si tu es observateur tu auras noté que j'ai utilisé du rhum cubain, en mauvaise Réunionnaise je n'ai PAS de rhum Charette à la maison et ai fait avec ce que j'avais sous la main (honte sur moi je sais) 
      • préparation : tu écrases tes bananes à la fourchette dans un grand saladier, tu ajoutes la vanille/le sucre vanillé et le sucre roux et tu GOÛTES pour vérifier la dose de sucre -- fais le avant de mettre la farine hein, parce qu'après c'est pas crècrèbon. Tu ajoutes la farine et une lampée de rhum. Ta pâte est prête en moins de 5 minutes. 
  •  Image 2 - Début de cuisson :
    • tu prépares ton plan de travail avec :
      • du beurre pour la cuisson
      • un récipient Sopalinisé pour recevoir les beignets cuits
      • ton saladier
      • un machin pour retourner les beignets (là tu sens bien que je suis une grande cuisinière n'est-ce-pas)
      • une poêle évidemment
    • tu chauffes gentiment ta plaque avec dessus une poêle avec dedans du beurre
    • quand celui-ci aura fondu, tu prépares ta première fournée : la bonne quantité pour faire un beignet c'est une cuillère à soupe pas trop remplie que tu verses en étalant un peu (il ne faut pas que ce soit des boules, mais des ronds "plats") / ta première fournée servira de fournée test pour la température de ta plaque et donc de ta poêle, un peu comme quand tu fais des crêpes, donc :
      • elle sera forcément ratée
      • du coup ne forme que 5 ou 6 beignets pour cette phase test
    • tu laisses cuire environ 3 minutes d'un côté, puis tu retournes et en ce qui me concerne...
  • Image 3 - DRAME + Image 4 - Baissage de la température :
    • ...je constate que la poêle est trop chaude car certains beignets ont un peu brûlé
    • je baisse illico le feu, je poursuis la cuisson par 3 minutes de l'autre côté, je réserve les beignets
    • je ne savais pas trop comment te dire à quel niveau j'ai réglé le feu, tout ce qui me venait en tête était "un peu moins chaud que feu moyen mais pas feu doux non plus" > j'ai préféré prendre le truc en photo, tu constates donc que le bidule est rempli jusqu'à un petit moins que la moitié 
  • Image 5 - Entre 2 fournées :
    • je te conseille de sortir la poêle du feu entre deux fournées 
    • cela permet qu'elle ne soit pas à vif lorsque tu remets du beurre : il va bien sûr quand même fondre mais n'aura pas le temps de noircir le temps que tu disposes ta pâte
    • deuxième avantage : tu constitues tranquillou tous tes petits tas de pâte et après seulement tu remets la poêle sur le feu et tous commencent donc à cuire en même temps, ce qui évite des différences de niveau de cuisson à l'intérieur d'une même fournée
  • Image 6 - A quoi ça ressemble en cours de cuisson :
    •  oui bah l'image parle d'elle-même quoi
  • Image 7 - Résultat final :
    • avec mes 8 bananes, j'ai fait 52 beignets
    • ça paraît beaucoup mais je te préviens, ça se mange super bien, genre facile 10 par personne quoi, c'est pas le truc où tu t'arrêtes après en avoir picoré 3 ou 4 !
    • s'il te prenait l'envie de recompter, toi la personne étrange, OUI c'est vrai il n'y en a que 50 dans ma passoire. Une idée du pourquoi ? Je t'offre un QCM :
      • des petits hommes verts se sont téléportés dans ma cuisine et ont disparu une demi fraction de seconde plus tard, total du butin (pour eux)/de la perte (pour moi) : 2 beignets
      • j'en ai malencontreusement fait tomber 2 qui sont donc partis illico à la poubelle
      • j'ai été forcée de goûter - deux fois, pour être bien sûre de ne pas intoxiquer Chéri. C'était évidemment à l'insu de mon plein gré.
Nous nous sommes régalés et cette recette présente plein d'avantages :
  • elle est très économique
  • elle permet de manger des fruits (de façon un peu grasse et sucrée, certes, mais c'est mieux que pas du tout)
  • elle est très vite préparée, le plus long étant bien sûr la cuisson : pour te donner une idée, préparation + cuisson, j'ai mis 1h en tout et j'en avais fait vraiment beaucoup
  • elle est plutôt originale, et même, n'ayons pas peur des mots... exotique !
Je te souhaite un bon appétit :-)

PS : je m'excuse auprès de tous les vrai(e)s cuisinier(e)s pour l'utilisation un peu abusive, je le reconnais, de mots tels que "machin", "truc" et "bidule". Un jour peut-être j'apprendrai un peu de vocabulaire.
© Isa - septembre 2013

samedi 7 septembre 2013

...Twitter Addict...

Tu connais forcément quelqu'un qui a "essayé Twitter" et s'est découragé. Toi-même, tu as peut-être un jour voulu sauter le pas, mais après t'être arraché les cheveux de longues heures à tenter d'intégrer ce merveilleux monde, tu as repoussé d'un "pfff... j'y comprends riiiiien..." (version polie) ou d'un "c'est nuuuuul... ça sert à riiiiien..." (version agacée/mauvaise foi) l'idée de poursuivre l'aventure plus avant. Du coup, tu t'étonnes systématiquement quand je te parle de mon addiction à la Twittosphère et de mon penchant naturel à encourager tout un chacun à s'y inscrire.

Laisse-moi donc te rassurer : je suis passée par là, moi aussi. J'ai connu ce même découragement. Cette inscription "pour voir" suivie d'une désinscription à peine quelques heures après. Il m'a fallu deux premiers essais complètement infructueux voire flingueurs d'estime de soi ("je dois être vraiment trop bête -- je n'y pige que dalle !") avant une inscription réussie. 

Je ne les connais donc que trop bien, ce côté rebutant, cette impression d'avoir à apprendre une quantité insurmontable de codes pour tout bien comprendre, cette sensation de ne pas être capable de s'y creuser un trou. Ceci dit, dans mon cas, tout cela était aussi mêlé à l'envie d'y arriver & à l'intuition que laisser tomber me ferait passer à côté de quelque chose de plutôt grand, de plutôt chouette. J'ai donc persévéré (au 3ème essai donc).

Aujourd'hui, je ne maîtrise peut-être pas tout, mais j'en sais suffisamment pour que l'utilisation que j'en ai soit satisfaisante, du moins pour mes propres besoins, et il est bien là l'essentiel. J'ai donc eu envie de t'en dire un petit plus, d'établir un petit guide qui je l'espère sera digeste, basé uniquement sur ma propre expérience de ce réseau social.

Je crée donc une page spéciale sur le sujet, que je t'invite à consulter si tu as-envie-mais-ne-sais-pas-comment-faire de te lancer dans la Twittosphère et son univers impitoyable. (Tu peux aussi la lire par simple curiosité hein). Aujourd'hui elle contient selon moi les informations indispensables pour commencer, mais je l'enrichirai au gré de mon apprentissage... et de tes questions, qui sont bien sûr les bienvenues.

C'est ici que ça se passe.

© Isa - septembre 2013

...la reine de la prise de décision nocturne...

Tu as remarqué que, bien souvent, c'est la nuit que tu prends de grandes décisions ?
"Demain je fais ci, demain je m'attaque à ça". Le genre de promesse que je me fais quasiment tous les soirs.
En fait, ma motivation est lâche, elle a besoin du confort de l'obscurité pour se révéler à moi. Ou alors elle est maligne, se dit que dans le noir je ne la verrai pas vraiment et qu'elle pourra s'insinuer sournoisement.
Ça marche pas trop mal, puisque je suis toujours plutôt surprise quand je la vois apparaître et son arrivée impromptue me séduit systématiquement. Je la laisse m'envahir et s'exprimer à travers moi.
Et je me répète donc "demain je fais ci, demain je m'attaque à ça".

Où est le problème donc ? Parce que tu commences à me connaître maintenant, et tu te doutes bien qu'il y en a un, hein. Peut-être même que tu l'as déjà deviné, tout fortiche que tu es dans le cernage* de personnage.

Le problème est donc que non seulement ma volonté et mon courage n'apparaissent que la nuit, mais ils ont également un délai avant expiration relativement court. Qui va de "jusqu'à ce que je m'endorme pour de bon" à "jusqu'à ce que je me réveille". Bref, ils ne passent jamais -- oups, majuscules requises ici, tu connais le concept n'est-ce-pas -- JAMAIS le cap de mon sommeil. Ce vilain, qui n'est déjà pas bien réparateur, est aussi et surtout un briseur de résolutions. Le chenapan.

A cause de cette durée de vie très limitée de mes élans de motivation, je suis passée à côté de bien des projets, bien des chantiers, bien des révolutions aussi. C'est dingue tout ce que mon cerveau fatigué peut m'envoyer comme envies à satisfaire, urgemment bien sûr, tous les soirs. Tout aussi dingue qu'il me les retire systématiquement, dès le lendemain matin. Jusqu'à la poussée d'hormone/ crise d'adolescence (oui oui)/ lubie dévastatrice suivante. Qui inévitablement arrivera donc le soir d'après.

Là tout de suite, visualise : il est 23h55 et je suis à la veille d'un long week-end de 4 jours. Je ne suis pas sûre que tu tiendrais éveillé si je te faisais la liste de tout ce que j'ai l'intention de faire pendant les prochaines 96 heures (ne te fatigue pas à vérifier, le compte est bon Laurent Romejko, j'ai fait le calcul avec la calculatrice, pas sur mes petits doigts, la preuve en image en bas de page).

Je n'ai même pas envie de te donner le moindre exemple, ça reviendrait à te filer le bâton pour me faire battre quand, dans 4 jours donc, tu auras envie de me demander "alors, tu as ... ce week-end ?" (je te laisse donc combler le blanc au gré de ton imagination)(ça pourrait d'ailleurs te rappeler de fabuleux souvenirs d'école où tu devais remplir des textes à trous)(non, ne me remercie pas, c'est cadeau, et de bon cœur). Non, pas folle la guêpe, maintenant je n'ouvre ma (trop ?) grande bouche qu'APRES l'exploit. 

Ça n'arrive pas souvent mais parfois, sur un malentendu, lors d'un sursaut inattendu de courage diurne, je marque l'essai. Et puisque tu me connais bien maintenant, tu le sais bien que je ne manquerais pour rien au monde de venir te le raconter. Rendez-vous dans 4 jours, il sera bien assez tôt pour te faire la liste de tout ce que j'ai (ou pas) accompli.

Je m'en vais continuer à élaborer mes listes de choses à faire, toutes plus importantes/ excitantes/ passionnantes les unes que les autres (et quand je le dis à minuit, c'est toujours sans ironie) et te laisse sur une petite bafouille qui mérite méditation... 

"A force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse..."
--- Sénèque ---
(pas ce soir la méditation, on est tous un peu fatigués là, voyons cela... plus tard ? ;-))

*Fort surprise en voyant ce mot être souligné en rouge par mon éditeur de texte, je suis allée vérifier dans un dictionnaire et je constate qu'effectivement on ne dit pas "cernage". Sauf que c'est CE mot qui dit exactement ce que je veux dire, tu vois ? Donc puisqu'on est entre nous, qu'ici je suis chez moi, qu'il y a somme toute assez peu de chance pour qu'un membre de l'Académie Française ne débarque ici par hasard, soyons fous : gardons. Ce sera notre petit secret à nous.



© Isa - septembre 2013

jeudi 5 septembre 2013

...raide dingue de mon meilleur ami...

Dans l'article précédent j'ai oublié de te dire que ce qui m'a également fortement déplu au mois d'août, c'est que mon meilleur ami s'est fait la malle en vacances et que je ne l'ai pas vu et très peu eu au téléphone.

Comme je le retrouve (enfiiiiiiiiin ! gniiiiiiiiiii !) ce soir pour un petit verre en tête à tête après le boulot, là tout de suite j'ai envie de te parler de lui. Qui n'en aurait pas envie d'ailleurs ? Je connais peu de gens qui font l'unanimité dans ce qu'ils inspirent aux autres, et lui fait partie de ces quelques spécimens. 

Bon, d'abord, il est beau. On dirait comme ça que c'est pas tellement important dans une histoire d'amitié, mais, dans la nôtre, ça a été LE point de départ. Parce qu'avant d'être amis, on a été des amoureux... Je te passe le détail de cette histoire qui a été d'ailleurs la plus longue que j'ai vécu à ce jour (un peu plus de deux ans quand même), il n'y a pas grand intérêt à approfondir. Ce qu'il faut que tu retiennes, et c'est comme ça qu'on aime à parler de nous tous les deux, c'est qu'en fait, on s'était trompés de chemin. On a jamais arrêté de s'aimer, mais au contraire on a commencé à s'aimer mieux. D'une façon qui nous satisfait nettement plus qu'au départ.

Ensuite, il est là. Il est là dans mes plus gros moments d'angoisse, quand je ne sais plus vers qui me tourner, quand j'ai peur, quand j'ai mal, quand les autres ne me comprennent plus. Il a été là quand je ne pouvais pas joindre les deux bouts, quand j'ai eu à affronter des difficultés que seul un ami sincère peut t'aider à surmonter. Et je sais de façon certaine et sans qu'aucun doute ne puisse s'immiscer qu'il sera là aussi demain et tous les jours d'après.

Il est intelligent aussi. D'une intelligence bluffante même. Et tu sais pourquoi ? Parce que ce ne sont pas ses années d'étude, ni son expérience professionnelle, qui ont bâti cette intelligence. Non, elle a été forgée par son optimisme à toute épreuve, qui lui permet de voir le beau dans le laid, la tâche de lumière dans la noirceur alentour, le verre à moitié plein toussa. Il est empli d'une quiétude reposante et balance ses élans de sagesse et de positivisme quand d'autres (moi !) ne voient que ce qui ne va pas, que ce qui dérange.

Et il est tendre. Ses gestes sont d'une infinie douceur, son regard plein de bienveillance. Quand tu es avec lui, tu es forcément serein(e), apaisé(e), parce que ses mots sont aussi doux que ses yeux sont rieurs. Et ça tu vois, ça ne se simule pas, ça ne s'invente pas, ça ne se plagie pas. C'est de l'amour en barre qu'il envoie sans compter et que tu reçois sans avoir besoin de réclamer.

Je souhaite à chacun d'avoir un Steven dans sa vie. Mais, je te préviens, ce ne sera pas le mien. Le mien je le partage parfois avec ses autres amis parce que je ne suis pas tout le temps là pour surveiller qu'ils ne me le piquent pas. Mais si je pouvais, je l'enfermerais dans une bulle d'amitié où il n'y aurait que lui & moi, toujours. J'exagère bien sûr, je plaisante hein ça va, mais je t'avoue que j'ai toujours peur qu'il me file entre les doigts... Je l'aime tellement si fort et bien plus encore... et JE LE VOIS CE SOIIIIIIR !!!



© Isa - septembre 2013

...un peu fatiguée, là, tout de suite...

Le mois d'août a été hard. Je voudrais pouvoir le dire de façon plus jolie, plus littéraire, mais j'ai beau me creuser les méninges, il n'y a pas de meilleur mot.

(Se creuser les méninges, moins d'une heure après le réveil et avec moins de 2 litres de café dans le bide, c'est stérile de toute façon)(Du coup je ne sais même pas pourquoi j'ai essayé)

Août donc. Ce mois qui, pour beaucoup, est synonyme de zenitude/relaxitude. Pour certains, il est le théâtre de vacances-j'oublie-tout, pour d'autres il signifie que le boulot se fait un peu plus à la cool : moins de monde dans les transports et sur les routes, journées plus longues qui permettent de profiter de la lumière du jour même après le travail, ralentissement de l'activité donc coolitude extrême du  patron qui met moins la pression, soleil dehors donc cumul de vitamine D et conséquemment de bonne humeur. Pour tous, trempette dans l'océan/ la mer/ l'étang/ la piscine municipale/ celle du camping/ la baignoire/ la flaque d'eau pour les moins chanceux. Barbecue et vin rosé, lunettes de soleil et tongs.

Pour moi, il avait une toute autre allure ce mois d'août pourtant chéri par une grande majorité. Non seulement je n'ai PAS FAIT UN SEUL barbecue cette année, mais en plus, il a été le synonyme de :

  • saison estivale, au boulot. Ce qui veut dire gestion des saisonniers dans mon petit cas personnel. Vérification et reprise de leurs dossiers, réponse à leurs sollicitations. Je t'épargne les détails sur le sacro-saint "devoir d'exemplarité", cher aux yeux de mes encadrants. Sache juste qu'en gros ça veut dire que tu dois être encore plus irréprochable que le reste de l'année, car tes brebis ont tendance à caler leur comportement sur le tien. Bref, c'était pas tellement plus cool qu'à l'accoutumée. Au contraire.
  • période de lancement du voyage annuel, au CE. Ce qui veut dire pour moi qui ai été volontaire pour faire partie de la commission s'en occupant : prise de contact avec des voyagistes, réception et étude de leurs offres, délibération avec les copains. Énorme boulot de préparation de la communication diffusée aux salariés. 
  • divers à-côtés dans le domaine professionnel : participation à une autre commission du CE, avec le boulot que ça implique, notamment. Et puis je me suis inscrite à un nouveau projet lancé par notre DRH, pour la gestion de ma carrière et mon éventuelle mobilité. Investissement personnel obligatoire, sous peine de passer à côté.
  • insomnies, gné. Oui, c'est le moment qu'a choisi ma difficulté récurrente à faire des nuits réparatrices pour pointer le bout de son nez. Bosser 10 heures par jour et dormir 5h par nuit ne font pas bon ménage, je t'assure. Les cernes sous mes yeux bouffis en sont la preuve formelle.
  • anniversaire. J'ai vieilli au mois d'août. Ça n'a pas aidé. (Bon en vrai ça n'a pas tant de conséquences mais je voulais qu'il y ait un 5ème point). (J'ai une copine qui n'aime pas le 4 alors j'ai pensé à elle). (Enfin c'est pas vraiment une copine c'est un modèle dans ma vie).(En même temps on s'en fout un peu, elle ne lit pas mon blog).
Je sais bien que tu pleures déjà que les vacances sont finies. Je sais aussi que le mois de septembre est pour toi le théâtre des angoisses annuelles avec la rentrée scolaire/ la recherche d'activités pour le petit dernier/ le nouveau planning qui en découle/ les impôts à payer.
Et je compatis. Je t'assure que je compatis de tout mon petit cœur.
Mais en même temps ce même petit cœur fait des triples saltos de contentement et des galipettes de soulagement en voyant s'éloigner ce grand méchant mois d'août qui l'a durement malmené.
Allez on remet ça dans 11 mois, d'ici là, bonne rentrée à toi.

© Isa - septembre 2013

mercredi 4 septembre 2013

...en mal de popularité...

La course à la popularité, tu connais ?
C'est con ce truc, parce qu'une fois que ça te rentre dans le crâne, difficile de t'en débarrasser. Pourtant, on peut vivre très très bien sans être SURentourée, non ? Si ? Oui je sais la question est pointue, c'est un peu l'histoire de "mieux vaut être seul que mal accompagné". Sauf que, comme dirait ma cousine Eva, en fait, vaut mieux surtout être bien accompagné.


La solitude n'est pas un compagnon de route que j'apprécie. Même si de temps en temps j'aime être isolée - physiquement du moins - du monde qui m'entoure, je suis toujours en quête de compagnie. Tu veux une preuve ? Tu n'as qu'à regarder le temps que je passe sur Facebook et Twitter, à commenter, rebondir, "j'aimer", réagir, retweeter, citer, partager. Ça te donne déjà une piste : la Isa n'est PAS un animal solitaire. Je passe peut-être mes week-ends en ermite à la maison, mais je suis toujours disposée à communiquer, ne serait-ce que virtuellement. J'avoue ma timidité bien volontiers, mais il ne faut pas la confondre avec un désir d'isolement. Il n'y en a aucun chez moi. Aucun, jamais.


Bien au contraire.
Depuis que je suis sur Twitter, je t'avoue lorgner un peu sur les autres profils d' "anonymes" dont le nombre de "followers" indique clairement que leur popularité dépasse la sphère amis/familles/collègues et j'envie. J'envie, je bave, je jalouse. J'analyse aussi. Je fouille dans le profil, dans les tweets postés, dans les photos, dans l'historique, ce qui pourrait expliquer une telle popularité chez une personne sans notoriété à proprement parler.
Parfois, j'arrive à comprendre, parce que ce que je découvre me donne moi-même envie de "suivre" la personne. Parfois, je ne me l'explique pas, il n'y a rien de particulier, rien de spécialement drôle ou de réellement original mais, bien que sans raison apparente, je constate que la mayonnaise prend et que les gens adhèrent.


Alors je cherche. Que dire/ que faire/ de quoi parler/ à qui m'adresser pour gagner en popularité ? Il faut certainement commencer par accroître sa visibilité, être repéré(e) par des personnes qu'on appelle dans la Twittosphère des "influents" qui s'intéresseront à notre petite personne et la propulseront au devant de la scène.


Mais fatalement, plein de questions arrivent. Suis-je capable d'attirer, d'attiser ? Comment ? Avec quoi ? Et puis aussi, bien sûr, à quel point et dans quelle mesure ai-je envie de me vendre ? Suis-je prête à sacrifier ma personnalité et à finir par me travestir, pour quelques contacts de plus ? Et enfin (et là attention parce que la réponse, en ce qui me concerne, a fait plus de mal que de bien) quel intérêt puis-je représenter aux yeux de parfaits inconnus ? En quoi est-ce que je peux gagner à être connue ?


Du coup, évidemment, mon compteur ne décolle pas et je regrette bien plus le fait d'être attristée par ce constat que par le constat en lui-même. Au fond, est-ce réellement important, tout ça ? Est-ce normal d'en faire une quête, un objectif à atteindre, un Graal ? Je pense qu'une personne normale répondrait que non. Mais en ce qui me concerne c'est différent. Je ne sais pas bien ce que je cherche à combler par ce désir de popularité un peu malsain, mais ce que je sais, c'est qu'il est bien là, ancré, et que j'ai toutes les difficultés du monde à m'en débarrasser.

© Isa - septembre 2013

dimanche 1 septembre 2013

...sans assurance ? timide ? parano ?...

C'est souvent en verbalisant les choses qu'on en prend réellement conscience. Comme si le fait de s'entendre mettre en mots un ressenti pas toujours très clairement défini servait, dans une certaine mesure, d'électrochoc. Tu dis, tu avoues, et quelques secondes après, tu réalises : "ouch, il y a quand même tout ça en moi...!". Après, il faut gérer les conséquences de la confession. D'un côté, mesurer son impact sur la personne qui en a été le réceptacle, de l'autre, évaluer les répercussions qu'elle a eu sur ta propre opinion de toi-même. Double travail, double peine même si tu n'étais pas spécialement préparé à ça.

Cette petite mésaventure, plutôt inattendue, m'est arrivée en fin de semaine, à l'occasion d'un déjeuner avec une copine. Le contexte n'était pas forcément propice à la confidence : nous avions moins d'une heure pour déjeuner, c'était au beau milieu d'une journée de travail, et, bien que plutôt complices, nous ne sommes pas si proches que ça. Et pourtant, sans trop les voir arriver, les mots me sont venus plutôt naturellement. Et pourtant, sans ressentir le besoin urgent de m'exprimer sur ce sujet, leur flot ininterrompu a clairement montré qu'ils étaient impatients de sortir de moi. Drôle de surprise envoyée par la vie...

Voilà pour le contexte.

Le fond, maintenant. Ce qui a été dit ce jour-là, je le savais plus ou moins, vaguement. Ça dormait quelque part à l'intérieur de moi. Je l'ai néanmoins exprimé avec beaucoup de clarté et étayé à l'aide de plusieurs exemples, voilà qui accélère la prise de conscience. 

Nous en sommes arrivées, je ne saurais te dire comment, à parler confiance en soi, assurance, estime de soi. Je réalise depuis que mes lacunes dans ce domaine sont bien plus importantes que ce que je pensais jusqu'à lors. Pour ne citer que quelques exemples :

  • j'ai peur quand je dois m'exprimer en public, en groupe ; je sens mes joues rosir, la sueur perle à mon front, mon rythme cardiaque s'emballe. Bon, je suis loin d'être la seule dans ce cas, mais je le vis comme un réel handicap, étant amenée parfois à m'exprimer au cours de réunions où de nombreuses personnes sont présentes.
  • je dois prendre sur moi pour passer un simple coup de fil, que ce soit pour prendre un rendez-vous chez le médecin ou, dans le domaine professionnel, pour demander un banal complément d'information au cours de la gestion d'un dossier. Là encore, cela peut être très handicapant au quotidien même si j'arrive le plus souvent à ne pas me laisser envahir par mes émotions, ce qui évite la paralysie complète.
  • pire encore - et c'est surtout là que la révélation m'a quelque peu troublée - je suis toujours très mal à l'aise quand il s'agit d'inviter l'une de mes collègues à aller boire un café ou fumer une cigarette avec moi. Toujours cette peur de déranger, toujours cette impression qu'elle n'ose pas me dire non pour ne pas me vexer mais qu'elle préfèrerait prendre ses pauses avec une autre que moi. Là ça craint sévère, non ?

J'aurais pu me sentir très mal vis-à-vis de ma copine au moment de ces confidences un peu surréalistes. Avoir peur que cela l'amuse, qu'elle se moque un peu. Mais, preuve s'il en fallait une que je sais bien m'entourer, elle a été une oreille attentive, une interlocutrice de choix. Aucune moquerie, aucun sourire en coin, aucune prise en pitié. Néanmoins, beaucoup de surprise. Et par ricochet, de la surprise partagée. Je suis toujours extrêmement étonnée de la réaction des gens quand je leur parle de ma timidité et de mon manque d'assurance. Dans 99% des cas, les premiers mots qui sortent de leurs bouches sont des variantes de "Toi ? En manque de confiance ? TIMIDE ? Arrête, je ne te crois pas, ce n'est pas possible, ça ne se voit pas !". Et pourtant... Et pourtant, ai-je alors envie de crier, si seulement tu sentais le nœud qui se tord dans mon ventre quand je suis dans la prise de contact, a fortiori avec quelqu'un que je connais peu, si seulement tu écoutais le rythme de mon cœur quand je parle devant plus de deux ou trois personnes, si seulement tu voyais les galipettes de mes intestins quand je suis hors de la zone confortable de mon tout petit groupe d'intimes, si seulement tu touchais les larmes qui me montent si vite, tellement vite, au bord des yeux dès lors que j'ai l'impression d'être de trop, mise à part, évincée, rejetée même --- impression qui naît souvent, d'ailleurs, d'une forte propension naturelle à la paranoïa, cette garce qui s'insinue dans mon cerveau sans que je ne puisse lutter...

Parfois c'est difficile d'être aussi durement victime de toutes ces émotions violentes, de tous ces signaux de détresse envoyés par un corps qui réagit au quart de tour à l'inconfort d'une situation non habituelle. Et le plus difficile je te l'avoue, c'est que tu ne vois pas tout ça, que tu me crois forte, pleine d'assurance, en confiance en toutes circonstances. Parfois, c'est sécurisant d'avoir cette carapace, ce masque qui fait croire au monde extérieur que je suis dans la maîtrise. Mais parfois, seulement. Parce que le plus souvent, c'est au contraire terriblement frustrant de donner cette image là. C'est à cause d'elle que tu ne ressens jamais le besoin de me ménager, de me rassurer. C'est à cause d'elle que du coup, fatalement, je m'embourbe, souvent seule, dans un mal-être que personne ne détecte...

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PS : je viens de relire. Merde, c'est pas très gai quoi, surtout pour un dimanche si beau, si ensoleillé. Je vais nuancer un peu quand même, parce que je ne voudrais pas que tu crois que je suis au bord du suicide... Tout ça, ça fait partie de moi, c'est comme ça, j'ai l'habitude, je le gère, je l'assume. Rassure-toi, quand j'en parle comme ça, ça paraît très lourd à porter, mais ça va hein, j'arrive tout de même à vivre en société et je ne suis pas non plus paralysée en continu. Et j'ai la chance d'être extrêmement bien entourée et d'être du coup plus souvent en zone de confort qu'en difficulté. 
"Je vais bien, ne t'en fais pas" comme on dit.
Et bon dimanche quand même.

© Isa - septembre 2013